NOS CHARTES

La Charte éducative (Yves BERIOT)

« Nos enfants ne sont pas nos enfants. Ils sont l’appel de la vie à la vie » (Khalil Gibran, Le prophète)

Les enfants et les adolescents qui nous sont confiés sont issus de rendez-vous manqués, de multiples ruptures de relations, qui ont laissé en eux, profondément enfouies, des peurs, des blessures psychologiques et des carences lourdes ; pourtant, pour être avec nous aujourd’hui ils ont déjà surmonté beaucoup d’obstacles et ils désirent accéder au bonheur qui est le nôtre tout en étant le leur, car notre différence est richesse.

Nous sommes les passeurs de sens de leurs désirs de vie. L’Aide Sociale à l’Enfance du Conseil Général nous confie ces jeunes ; le projet de placement pour chacun est une co-construction entre un magistrat, l’Aide Sociale à l’Enfance et La CITE DE L’ESPERANCE et NOTRE DAME DE MONTMELIAN , avec l’accord chaque fois que nécessaire de la famille ou du tuteur. Nous voulons qu’ils puissent s’engager dans le lien, le sens et acceptent la loi, reprenant ainsi à leur compte les trois piliers de la construction de l’estime de soi et de la confiance envers les adultes. Nous voulons les aider à structurer en même temps leur intelligence et leur affectivité. Nous souhaitons favoriser leur recherche de sens afin qu’ils passent de leurs pulsions subies à des attitudes choisies.

Ils ont en eux un potentiel qui a besoin d’être révélé par des tuteurs de résilience pour muer leurs déprimes en sourires, leurs cris en dialogue, leur impulsivité en spontanéité, leurs souffrances en langage, leurs doutes en confiance.

Ils attendent de nous tout ce qui leur a manqué et même ce que nous ne pouvons pas leur donner. C’est sans doute la meilleure définition de l’aventure de l’Amour en tant que volonté de développement des enfants et des adolescents et qui peut se résumer ainsi : « croyez en nous pour que nous croyions en nous-mêmes, en la Vie et en vous ».

Seul l’amour créateur peut aider ces enfants et ces adolescents à devenir eux-mêmes avec leur passé tumultueux et leur présent incertain. Leur séjour avec nous est court, mais tellement riche de relations croisées, diversifiées, sources d’apprentissage à vivre ensemble en paix, à respecter l’autre à travers la loi du groupe, de l’école, de la structure d’insertion ou de la vie professionnelle et sociale.

Sachons les écouter au fil des heures partagées avec eux, dans leurs silences, leurs éclats, leurs explosions violentes et leurs attentes à notre égard. Qu’entre eux et nous s’établissent des relations interpersonnelles chaleureuses et valorisantes, qui soignent leur identité morcelée ; que nous réalisions un véritable travail psychosocial ; que nous favorisions leur aptitude à entrer en relation, à s’exprimer, à retrouver l’estime d’eux-mêmes ; que nous permettions l’émergence de leurs désirs profonds : nous comprendrons alors mieux l’appel de la vie à la vie.